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Retour sur l'inauguration de l'exposition "L'eau ne tombe plus du ciel"

Publié le 20 février 2018 Mis à jour le 10 avril 2018
exposition l'eau ne tombe plus du ciel à l'UPEC
exposition l'eau ne tombe plus du ciel à l'UPEC
Date(s)

du 16 janvier 2018 au 22 février 2018

Lieu(x)

L’inauguration a donné lieu à une enrichissante visite commentée par quatre jeunes chercheurs du Rés-EAU-x. Derniers jours pour aller la visiter !

Après une introduction par Christophe Basquin, directeur général des services de l’UPEC, puis par Cécile Bajard, directrice du service commun de la documentation, Rhoda Fofack, présidente de Rés-EAU-x, une association de jeunes chercheurs menant des travaux de recherche sur des problématiques liées à l’eau, a présenté le contexte de réalisation de l’exposition L’eau ne tombe plus du ciel, visible à la bibliothèque du Campus Centre jusqu’au jeudi 22 février prochain.
Une enrichissante visite commentée de l’exposition a ensuite été animée par Rhoda Fofack et Ludovic Drapier, doctorant à l’UPEC et chargé de cours au département de géographie de l’UFR LLSH, et effectuée par Olivia Aubriot, Kévin de la CroixSelin Le Visage et Emilie Lavie, quatre auteurs de certaines photographies exposées.


Inauguration expo L'eau ne tombe plus du ciel, photo 1Inauguration expo L'eau ne tombe plus du ciel, photo 2Inauguration expo L'eau ne tombe plus du ciel, photo 3Inauguration expo L'eau ne tombe plus du ciel, photo 4


Quatre chercheurs, quatre techniques de pompage différentes en quatre lieux différents :
  • un drain en ciment alimenté en eau par une motopompe
  • une pompe submersible
  • un forage collectif associé à un hydrocyclone
  • un puits artésien (creusé dans une nappe profonde d’où jaillit une eau immédiate et abondante)
Les photographies des quatre chercheurs nous ont embarqués dans le village de Souba au Mali, à Puducherry et dans la région du Tamil Nadu en Inde du Sud, dans le district de Kemalpaşa en Turquie et dans l’oasis de Mendoza en Argentine.

Les pompes laissent des traces
Les systèmes de pompages d’eaux souterraines se voient à la surface du sol. Les pompes laissent leurs traces dans le paysage.

Par exemple, Olivia Aubriot a décidé de cadrer sa photo La quête incessante de l’eau, Tamil Nadu, Inde du Sud  sur des amas de gravats en plein champs vers lesquels un homme marche pieds nus sous une chaleur accablante. « Cela signifie quoi ce tas de pierres qui ressemble à un terril ? C’est le signe qu’à cet endroit de l’Inde, on surcreuse ! ». Autrement dit, on creuse toujours plus profond !

Kévin de la Croix a, lui, cadré sa photo Tu as vu mon eau ? sur une ligne de ciment, coupant sa photo en deux parties comme le drain d’alimentation coupe le terrain agricole d’un propriétaire dans le village de Souba au Mali.
Quel contraste avec la belle pompe qu’a photographiée Selin Le Visage ! (cf. Les coopératives d’irrigation de Kemalpaşa : une gestion collective de l’eau souterraine une photographie prise en Turquie dans le district de Kemalpaşa en 2016) Rouge brillant, elle s’impose dans une nature luxuriante !

Les pompes témoignent du fonctionnement d’une communauté
Répondre aux besoins en eau, améliorer le rendement agricole, mettre en place une gestion collective de l’eau au détriment parfois d’un meilleur progrès social, les systèmes de pompage témoignent du fonctionnement des sociétés à une échelle locale.

Puducherry, Inde du Sud, 2006, photographie d’Olivia Aubriot ayant obtenu le prix du jury, montre des hommes qui se sont retrouvés pour réparer une pompe submersible, témoignage d’un moment déterminant pour la communauté puisqu’on évalue alors la profondeur de l’eau et son évolution.

Les arroseurs de Kévin de la Croix observe une situation paradoxale : alors que le système de pompage (la motopompe et le drain) alors installé dans le village de Souba au Mali réduit la main d’œuvre et le coût de l’exploitation, on fait appel à des enfants pour porter de lourds seaux d’eau toute la journée.

Selin Le Visage et Emilie Lavie ont, elles, choisi de rendre compte immédiatement dans le titre donné à leurs photographies de deux autres situations :  Les coopératives d’irrigation de Kemalpaşa : une gestion collective de l’eau souterraine une photographie prise en Turquie dans le district de Kemalpaşa en 2016 de la première reflète en fait le succès d’une gestion collective de l’eau souterraine pour répondre aux besoins d’un village tandis que Quand le service d’eau potable participe au mitage urbain de l’espace rural Argentine, oasis de Mendoza, 2016 de la deuxième révèle un tournant social puisque les forages anciennement utilisés pour arroser les terres agricoles sont progressivement convertis dans la sphère domestique, la pression urbaine mitant le paysage rural de lotissements fermés.