Dans le cadre du colloque « Donner la parole aux ‘’sans-voix’’ ? Acteurs, dispositifs, discours », la bibliothèque du Campus Centre s’associe au laboratoire Céditec. Au croisement de la sociologie, de l’histoire, de la communication publique et des sciences politiques, comment s’expriment les minorités dans l’espace public ?
Intitulé «
Donner la parole aux ’’sans-voix’’ ? Acteurs, dispositifs, discours », ce colloque international organisé par le laboratoire
Céditec se tiendra
le jeudi 21 et le vendredi 22 juin de 9h à 19h à l’amphithéâtre de la
Maison de l’Innovation et de l’Entrepreneuriat Étudiant (MIEE).
Découvrez une sélection d’ouvrages sur ce thème dans le hall de la bibliothèque du Campus Centre, ainsi que les ouvrages écrits ou coordonnés par les intervenants !
Les « sans-voix », des collectifs à la recherche de visibilité
«
Sans-voix », «
invisibles », «
exclus » : de nombreux termes désignent ces
groupes sociaux variés,
minoritaires et
privés de représentation au sein des institutions politiques et des médias. Pour
se rendre visible, prendre publiquement la parole est une première étape. La
prise de parole permet au groupe de se
fédérer autour d’une identité commune et de se présenter comme un
acteur capable d’influencer l’opinion publique et les décisions politiques.
Par l’
action collective, les groupes ont un poids bien plus important que des individus isolés, même si tous ces groupes n’ont pas des moyens d’action équivalents. Leur
constitution est un phénomène qui peut être
spontané, en réaction à des événements précis, ou bien
construit pas à pas par des
méthodes d’organisation collective (
community organizing).
Ils peuvent prendre différentes formes, de l’
association au «
mouvement social » informel, et entretiennent des
rapports ambivalents (entre méfiance et coopération)
avec les organisations établies telles que les institutions publiques, les partis politiques et les syndicats.
Problèmes et débats publics, l’importance des médias
Pour devenir visibles, les « sans-voix » doivent utiliser des canaux de communication. Généralement, il s’agit de
s’intégrer dans les représentations données par les médias, qui passent le plus souvent par la
mise en récit et le
goût du spectaculaire. Cela se traduit par la désignation de
porte-paroles identifiés, à la personnalité affirmée, et par des
actions visibles et
revendicatives : manifestations, occupations…
Malgré les
critiques régulièrement portées contre les médias de grande diffusion, accusés d’indifférence ou de partialité, ces derniers jouent un
rôle essentiel dans la constitution des «
problèmes publics ». Ces questions portées sur la place publique deviennent objets de débat et conduisent à des
prises de position affirmées de la part des citoyens et des élus. Des
médias alternatifs peuvent également émerger pour porter des messages aux formes différentes.
Langage et représentations
La
prise de parole publique peut toutefois être problématique. Le
langage lui-même (verbal et non-verbal) est
porteur de représentations sociales, et
les mêmes mots n’ont pas la même signification pour des publics issus de catégories sociales différentes.
Enfin, les
catégorisations des groupes sociaux ont aussi leurs
limites : bien que les groupes minoritaires se forment autour d’une identité commune,
chaque groupe n’est pas un ensemble homogène. Ce sont ainsi des entités qui
évoluent rapidement, et dont le
discours évolue en parallèle en fonction des
réactions qu’il suscite dans la sphère publique.
Pour aller plus loin, retrouvez :